Calendrier surchargé en période de froid : où est la logique ? 1


Chaque année on nous fait remarquer durant la période de froid et de mauvais temps (période correspondant grossièrement à fin novembre-fin février) que l’état des pelouses n’est pas compatible avec la pratique du beau football. On nous répète également qu’il serait judicieux de limiter le nombre de matchs afin de préserver l’intégrité des acteurs sur le terrain et de ne pas assister à une parodie de football, les joueurs ayant peur de se blesser. Mais au final rien n’est fait. Au contraire, les calendriers de Ligue 1 et de Ligue 2, sont bien chargés durant cette période.

Regardons tout d’abord le calendrier de la Ligue 2 en novembre-décembre. Les clubs de Ligue 2 participent aux 7ème et 8ème tours de coupe de France, contrairement aux clubs de Ligue 1 qui ne rentrent qu’au 9ème tour, c’est-à-dire en 32èmes de finale. Ainsi la plupart des équipes de Ligue 2 peuvent jouer régulièrement 3 matchs en 7 jours en novembre-décembre.

Regardons ce qui se passe pour le calendrier de la Ligue 1 sur la même période de froid. La Ligue 1 subit le même rythme de matchs alors que les clubs de l’Elite ne jouent pas la coupe de France !

Est-il normal d’avoir ce rythme quand les terrains se dégradent ? Est-il normal d’imposer ce nombre important de rencontres alors que le spectacle devient médiocre et que le jeu est ralenti ? Les matchs se déroulant dans le froid sont ceux qui produisent en général le moins de buts, c’est une évidence.

De plus, quand le froid arrive, les supporters vont moins au stade. Déjà que les horaires inappropriés du vendredi soir pour la Ligue 2 ont démotivé un bon nombre d’entre eux, il n’y a aucune logique à multiplier les rencontres quand il fait froid. Le créneau horaire en pleine semaine convient à une minorité des supporters.

L’interrogation principale : pourquoi ne pas jouer davantage de matchs au printemps ? Il y a pourtant des semaines de libres. En effet, la coupe de la ligue ne concerne plus qu’un petit nombre de clubs. Son calendrier a en effet changé depuis quelques années : les demies-finales se jouent fin janvier/début février et la finale pas avant mi-avril. Entre février et avril la grande majorité des équipes sont donc libres pour jouer sur seulement 2 tableaux : championnat et coupe de France, la coupe d’Europe occupant très peu de créneaux et concernant une poignée de clubs français.

Les matchs en semaine pourraient être exclusivement réservés à la période mars-avril-mai. De plus en l’absence de compétitions internationales de grande envergure durant l’été des années impaires (phases finales de coupe du monde ou d’Euro), rien n’empêche les instances de clôturer le championnat et les coupes plus tard pour permettre aux équipes de ne jouer qu’un match par weekend et de sauver la coupe de France qui occupe à partir des 16èmes de finale le créneau ingrat en pleine semaine.

En conclusion, nous savons que la multiplication des matchs rapprochés dans le temps est une entrave au beau spectacle, phénomène amplifié quand ce rythme est tenu en période hivernale. Beaucoup de joueurs enchaînent les matchs sans réellement se concentrer sur chaque rencontre. Ils passent souvent au travers de l’un d’eux. Les amoureux du football qui suivent leur équipe de cœur sont eux-mêmes perdus avec ce calendrier qui propose des matchs en semaine. Qui peut aller au stade en semaine à 19h quand il a un travail à côté de cela ? L’horaire des matchs doit d’abord convenir à ceux qui se rendent au stade avant de convenir à des diffuseurs qui souhaitent prôner un sport virtuel dénué d’humanité.

Si on veut arrêter de bafouer le football français pendant la période de froid, il faut libérer des créneaux au Printemps pour placer des matchs en semaine si la Ligue ne se donne pas les moyens de rallonger la période des compétitions nationales malgré l’absence de compétitions internationales en été.

On pourra toujours dire que les joueurs de football évoluant en Ligue 1 et Ligue 2 sont des professionnels et qu’ils sont censés savoir jouer sur tout type de terrain et sous n’importe quel temps. Mais le football ce n’est pas seulement des joueurs c’est aussi des supporters. Imaginons un instant des stades vides en semaine et en période de froid. Imaginons la frilosité des joueurs qui ont peur d’encaisser un but bête sur une glissade ou de se faire mal. Qui peut apprécier cela ? Personne. A part la LFP et la FFF peut être. Mais, du supporter ultra qui veut voir un stade plein qui encourage son équipe au supporter contraint de regarder le match à la télévision en espérant voir son équipe développer du jeu, tous veulent voir un match de football comme synonyme de grande fête.

Dimitri Saffré 

Twitter : @FCN_ACTIV

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Mail : activnantes@gmail.com

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Commentaire sur “Calendrier surchargé en période de froid : où est la logique ?

  • Francois

    Rallonger la saison les années impaires ne tient pas. C’est une logique centrée su rla France et son rythme coupe du monde – Euro, mais à l’été 2015 par exemple il y aura de nombreuses compétitions internationales: la Copa America, l’Euro 2015 espoirs, ou la Gold Cup pour ne citer qu’eux, avec de nombreux internationaux qui partiront en selection dès fin Mai. (d’ailleurs sauf blessure notre ami Bedoya sera à la Gold Cup et verra sa préparation saccagée une fois de plus, mais c’est un autre débat). Le vrai débat est de savoir si on peut jouer en club en même temps que les matchs internationaux. De nombreux championnats non Europeens continuent pendant les périodes internationales, même si certains joueurs sont en selection. Il n’y a qu’en Europe que l’on arrete tout.