Les journalistes et leur vision du FC Nantes – Épisode bonus : Pierre Ménès


Nous concluons cette série journalistique en beauté par une interview de Pierre Ménès, consultant à Canal+. Nous remercions Pierre Ménès pour sa gentillesse et sa disponibilité auprès des supporters. Entretien téléphonique réalisé par Bertrand Chauty, vice-président A.N.S, en novembre 2014.

Bonjour Pierre, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Pierre Ménès, 51 ans. Consultant sur Canal + et Baulois depuis 1986.

Depuis combien de temps suivez-vous le FC Nantes ?

Depuis la saison incroyable de 1994/1995. En tant que journaliste, j’ai eu la chance d’avoir suivi cette saison de près.

Votre 1er match à la Beaujoire ?

Je ne sais plus… Ça doit être en 1984 lorsque la Beaujoire a été inaugurée.

Votre plus beau souvenir avec le FC Nantes ?

Nantes – PSG avec ce but incroyable de Loko. J’ai été impressionné par la qualité de jeu des nantais à cette époque et tout particulièrement du rendement invraisemblable de Karembeu. Il était impressionnant. Je me souviens également d’un Nantes – Caen et d’un but contre son camp de David Marraud. Le ballon lui arrive derrière la tête et rebondit dans son but. Ça m’avait marqué.

Votre plus beau but vécu ?

Comme dit précédemment, le but de Loko contre le PSG.

Votre plus beau match en tant que spectateur ?

C’était un Nantes – Strasbourg où le FCN avait gagné 4-1.

Votre objet fétiche en rapport avec le FC Nantes ?

J’ai juste un maillot offert par Franck Kita et signé par tous les joueurs. J’apprécie d’ailleurs beaucoup Franck Kita. Je le trouve pondéré, réfléchi et connaisseur du football en général. Il fait du bon travail.

Une anecdote amusante en rapport avec le FCN ?

Ils jouaient en quart de finale de coupe d’Europe contre Leverkusen le mardi. Suaudeau avait eu une cascade de blessures chez les gardiens. Et Jean-Louis Garcia qui était le 4ème gardien avait joué le match à Leverkusen. Je n’ai jamais revu ça dans un club de foot depuis. Sans ce concours de circonstances incroyable, Nantes aurait pu être champion d’Europe.

Votre joueur emblématique du FC Nantes ?

Karembeu.

Et dans l’équipe actuelle Veretout. Ses premières années étaient difficiles, il était décevant. Cependant il a pris une autre dimension cette année. Il incarne cet esprit nantais.
L’identité de Nantes c’était son jeu collectif fait de passes et de possession de balles. Un jeu flamboyant. De l’extérieur on pouvait trouver les nantais arrogants à cause de ça, mais c’est moins vrai aujourd’hui. Je me souviens des discussions que j’avais avec Raynald Denoueix et il me disait « Si Nantes faisait 950 passes dans un match, on gagnait 9 fois sur 10 ». Nantes était la référence en matière de possession de balles en France. Le Barça l’était en Europe.

Je me souviens avoir lu une interview de Coco Suaudeau qui disait qu’avec Arribas, Nantes était précurseur dans ce style de jeu dans les années 60, 70 et qu’on avait 30 ans d’avance sur le Barça.

C’est bien possible. Il faut toujours un précurseur quelque part.

Votre période préférée de l’histoire du FC Nantes ?

La saison 94/95 forcément.

Quand ça joue bien au foot, on prend plus de points que quand on ne joue pas. Je me fais chier à regarder Lille de Girard jouer. C’est défensif, c’est pas intéressant. Le bon exemple c’est Christian Gourcuff. Il allait chercher des joueurs de Ligue 2 comme Koscielny, Amalfitano, Gameiro… quand les autres clubs prenaient des joueurs en Ligue 1 ou à l’étranger. Gourcuff réussissait à former ses joueurs dans un style de jeu, à avoir une identité. Quand le jeu est là, même si tu n’as pas de stars, tu peux gagner.

Mais l’exemple contraire c’est Troyes qui pratiquaient un très beau jeu mais sont descendus en Ligue 2 parce que les joueurs ne s’entendaient pas.
Pour rester dans cette idée de jeu, c’est pour ça que la plupart des nantais ayant été formés dans ce style, n’ont pas réussi dans les clubs où ils ont été par la suite.

Votre plus mauvais souvenir ?

La descente en Ligue 2. Tu as des clubs que tu n’as pas envie de voir descendre. Le foot français a besoin de Nantes, Lens, Strasbourg… Quand tu penses à Strasbourg, ça fait vraiment mal. Une Ligue 1 sans Nantes ce n’est pas la Ligue 1.

En mauvais souvenir, je me rappelle aussi d’un match amical à la Baule pendant la période Gernot Rohr, Il y avait des problèmes entre les supporters et Kita. Aujourd’hui c’est résolu. C’est une victoire pour Kita avec les résultats sportifs et pour les supporters avec l’ambiance magnifique en tribune Loire.

Le plus beau stade que vous ayez visité en suivant le FC Nantes ?

Le stade de la Meinau à Strasbourg. J’aime bien son côté germanique. Pour anecdote, c’est dans ce stade que Nantes a perdu son seul match de la saison 94/95.

Le Nantais le plus drôle en interview ?

Lucas Deaux.

Et puis Pedros à l’époque. Il avait des problèmes avec les journalistes sauf avec moi. J’avais de bons rapports avec lui en tant que joueur, comme aujourd’hui en tant que consultant. Il était totalement différent à l’époque dans sa manière de s’exprimer par rapport à aujourd’hui. C’est un peu comme Eric Carrière, qui a toujours eu cette intelligence en tant que joueur et qui n’a pas changé.

Ça me fait penser à l’époque où je regardais les matchs du Barça avec Raynald Denoueix, c’était passionnant. Il analysait et décryptait toutes les phases de jeu barcelonaises. C’est grâce à lui que j’aime ce jeu de possession et de passes. Il parle le football que j’aime.

Vous avez d’ailleurs quelques nantais à Canal +…

Quand tu veux raconter le football, il te faut des nantais.

Avant dernière question, on vous donne 50 millions à dépenser au FCN, que faites-vous avec ?

J’achète des joueurs, en adéquation avec les besoins de l’équipe. Comme un avant-centre. Bammou est très prometteur mais il a besoin d’être mieux entouré. Je prendrais également des joueurs de côté et un meneur axial. Pas besoin de changement dans les installations, la Jonelière est un complexe magnifique et la Beaujoire aurait juste besoin d’une rénovation.

Selon vous, quelle sera la place du FC Nantes dans le foot français ou européen à l’avenir ?

J’en sais rien, je suis pas fakir… Je pense qu’il faut que Nantes enchaine les saisons, que le club continue à réinstaurer un climat de confiance, ce qui est bien parti. Tout le monde est content que le FCN soit revenu, même au Canal Football Club on en est ravi. C’est bien plus intéressant d’avoir des matchs de Nantes en Ligue 1. On voit que le stade est rempli, que ça intéresse les gens… tout ça c’est positif !

Un grand merci pour votre témoignage !

Bertrand Chauty, vice-président A.N.S

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Pierre Ménès et Bertrand Chauty

Twitter : @FCN_ACTIV

Facebook : Activ’ Nantes Supports

Mail : activnantes@gmail.com

 

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