« Même les chapeaux de couleur jaune et verte portés par des supporters lensois ne passaient pas les contrôles ! » 2


Les témoignages se multiplient concernant le dispositif de sécurité mis en place au stade de La Licorne et sur les conditions de garde à vue qu’ont connu les 16 supporters nantais interpellés (dont deux mineurs).

Vous trouverez ci-dessous des petites phrases, des anecdotes et des témoignages qui rappellent souvent le caractère aléatoire des interpellations.

Cet arrêté préfectoral était clairement prévu pour dissuader un groupe de supporters bien précis et non des supporters indépendants, de venir au match. Beaucoup d’officiers de police se sont retrouvés dans l’embarras devant des supporters nantais isolés en infraction. Certains ont fait preuve de morale, d’autres ont « juste appliqué la procédure ».

Petites phrases

« Pensez à remercier la centaine de cons qui foutent le bordel »  (un policier).

« Je ne vous mets pas les menottes. Vous n’allez pas courir quand même… » (un policier).

« Je suis quelqu’un de très croyant. J’ai beaucoup prié pour ne pas perdre la tête » (un interpellé).

« Je savais que mettre une écharpe lensoise m’aurait sûrement sauvé. Mais je suis supporter nantais et aussi par respect pour le RC Lens je ne pouvais pas la porter aux abords du stade » (un interpellé).

« Je ressentais une sorte de discrimination nantaise. Personne ne voulait comprendre qu’on puisse être originaire d’ailleurs et ami avec nous, simplement car on est nantais » (un interpellé).

« C’est abominable ! Aujourd’hui on enferme les nantais demain on enfermera de nouveau les juifs !? » (un policier de la PJ à Amiens).

« Depuis notre sortie on en rigole entre nous mais c’est une manière d’oublier ce qu’on a pu supporter. Ça fait mal, c’est humiliant » (un interpellé).

Anecdotes

La plupart des supporters ont été interpellés à cause de leur carte d’identité ou de leur plaque d’immatriculation, ils ne portaient pas d’écharpe ni de maillot.  Une attestation de Pole Emploi avec une adresse dans le 44 a même suffi pour une interpellation.

Un supporter nantais, vivant dans la Somme dans le cadre de ses études, a subi un véritable interrogatoire pour vérifier ses propos (« dans quelle rue habitez-vous ? « Combien de ronds-points traversez-vous pour vous rendre au travail ? »).

Un homme sans écharpe ni maillot du FC Nantes s’est fait refuser l’entrée car l’enfant d’une dizaine d’années qu’il accompagnait portait un maillot du FC Nantes.

Certains supporters nantais interpellés au stade de La Licorne à Amiens, étaient en visite à Lens dans la matinée et ont acheté des écharpes du RC Lens pour leur collection personnelle.

Un supporter nantais a utilisé une écharpe lensoise pour rentrer dans le stade. Avec succès.

Les interpellés n’ont pas demandé d’avocat car on leur a dit qu’ils seraient relâchés très probablement juste après le match.

Certains amis des supporters interpellés ont dormi sur des bancs devant le commissariat jusqu’à 4h du matin. Les policiers leur disaient régulièrement que leurs « compagnons allaient sortir bientôt ». Un SDF est venu les emmener à la gare pour y dormir au chaud.

Parmi les interpellés il y avait un gendarme venant de Beauvais, supporter du FC Nantes. Il n’était pas en fonction. Il était bien au poste de police mais n’était pas en cellule de GAV. Il n’aurait pas rempli de casier. Où a-t-il passé la nuit ?

Un supporter lensois interpellé en tribune (usage de pétard) a été emmené au poste de police, laissant sa nièce mineure en tribunes.

Parmi les interpellés, un boulonnais supporter d’aucune des deux équipes. Sympathisant de l’AJ Auxerre (comme il se présentera à ses compagnons de cellule). Que faisait-il là ? Il est sorti d’une voiture immatriculée dans le 44 avec son ami supporter du FC Nantes.

La GAV aurait pu être raccourcie si l’officier chargé du relevé des empreintes, d’astreinte la même nuit, avait été prévenue par ses collègues. Oubli volontaire ?

L’arrêté préfectoral visait à empêcher des contacts entre supporters lensois et nantais, mais en cellule ils étaient pourtant mélangés…

Les locataires d’une cellule de GAV ont conclu un pacte (de dignité) lors de cette nuit en ce qui concerne l’utilisation des toilettes turques : pour faire pipi ok mais pour le reste…

Durant la GAV, un interpellé a attrapé une otite.

Un des interpellés très affecté par la perte de la notion du temps (pas d’horloge, pas de lumière du jour) était persuadé d’avoir été auditionné deux fois.

En cellule les occupants se sont relayés sur les couvertures et le banc en béton pour partager le « confort ».

Certains policiers du commissariat ont avoué qu’ils trouvaient cet « arrêté inacceptable et disproportionné ». Plusieurs ont même conseillé d’ébruiter cette affaire dans les médias.

Témoignages

– Témoignage d’un supporter qui a pu assister au match après s’être « déshabillé » :

« J’ai réussi à rentrer dans le stade après m’être déshabillé (je portais un survêtement noir avec le logo du FCN). Heureusement que j’étais en compagnie d’un ami supporter lensois qui m’a prêté une veste et un short qui traînaient dans sa voiture. J’étais donc torse nu sous la veste…j’étais congelé toute la soirée. J’ai subi 5 contrôles d’identité avant de pouvoir rentrer en tribune. Sans papier on ne rentrait pas dans le stade même si on n’affichait aucune couleur !

J’ai également vu un groupe de 5-6 supporters (lensois d’après une autre source) qui portaient des chapeaux mexicains de différentes couleurs, Ils sont tous rentrés sauf deux : le chapeau jaune et le chapeau vert. Je me suis demandé si j’étais bien en France ! »

– Témoignage d’une famille entière qui a évité la garde à vue en se rendant au stade dès 17h:

« On a été repérés à cause la place d’immatriculation 44. On a joué franc jeu, quand ils nous ont demandé si on allait au match on a dit oui. Ils ont voulu savoir si on y allait en qualité de supporters nantais là encore on a répondu oui et c’est là qu’ils nous ont dit « vous savez que les supporters nantais sont interdits et que normalement on devrait vous mettre en garde à vue ? ».

On leur a répondu que c’était une sortie en famille, préparée depuis plusieurs semaines. L’un des CRS a été très compréhensif… il a préféré appeler ses supérieurs plutôt que de prendre la décision seul. En expliquant notre cas on a vu qu’ils étaient gênés d’appliquer l’arrêté dans notre cas.

A partir de là ça s’est enchainé : 5 CRS, 10 CRS puis 15 CRS dont peut être le chef du bureau de police d’Amiens nous annoncent qu’on n’ira pas en garde à vue mais que l’accès au stade nous est interdit (pas d’exception même pour les familles) et nous a dit d’aller visiter la ville

En nous éloignant que le présumé chef du bureau de police nous sort : « de toute façon ça se voit bien que vous n’avez pas des têtes d’ultra« . J’étais étonné de sa remarque… »

– Témoignage d’un supporter à qui on a refusé sa demande de quitter la ville :

« Je suis arrivé au stade vers 19h, j’ai commencé à me balader aux alentours avec mon écharpe FCN, j’ai croisé beaucoup de stadiers et de policiers sans me faire interpeller.
Vers 19h45, j’ai voulu rentrer dans le stade, mais cette fois-ci, discours différent : garde à vue immédiate. Même pas possibilité de discuter, je leur ai proposé de ranger mon écharpe dans la voiture, voire même de quitter la ville, mais rien à faire ». 

Témoignage d’un supporter en cellule qui entendait les échanges entre officiers de police lors de la GAV:

Un policier qui vient pour la relève : « 8 par cellule vous êtes sérieux ? Mais c’est du n’importe quoi !! Tu dois même pas respecter les droits de l’homme avec ça, il doit y avoir un certain nombre de m² à respecter pour l’espace vital, non ? »

Un policier : « On n’a jamais vu une garde à vue aussi calme que la vôtre, je ne vois pas en quoi vous troublez l’ordre public »

Le supporter en GAV : « J’ai vu des mecs en état d’ivresse se faire retirer le permis et sortir avant nous…ça fout les boules ! Ils soufflaient dans le ballon, ils restaient 1h-2h max sur un banc ou en cellule, et quelqu’un venait les chercher. Ils ont le potentiel de tuer des gens au volant. Et nous on peut tuer qui en allant supporter notre équipe ? »

Twitter : @FCN_ACTIV

Facebook : Activ’ Nantes Supports

Mail : activnantes@gmail.com

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2 commentaires sur “« Même les chapeaux de couleur jaune et verte portés par des supporters lensois ne passaient pas les contrôles ! »

  • Leking

    cela est vraiment une « honte » pour le sport de plus le foot, comment cela va t’il ce passer lors de l’euro 2016 en France !!!!!
    Informer les médias télévisuelle serait un plus

  • fcnantes

    Supporter du Fc Nantes et en Picardie depuis 1 ans, j’ai réussi a rentré dans le stade (tribune sud) car j’étais avec 2 amis picard, mais se fut très chaud, arrivé avant le stade, des policiers repère ma voiture immatriculé 44 et me dise gentiment que nous rentrerions pas pas au stade, je me gare donc loin du stade et décide de laisser écharpe et maillot dans la voiture pour passer incognito, je passe la double palpation avec vidage complet de mon sac et la troisième rideau ou on nous demande nos pièces d’identité, je présente mon permis 44 et la il me dit vous êtes donc nantais je lui dit oui mais que j’habite maintenant en Picardie, je lui montre donc une licence sportive avec mon adresse actuel picarde et mes amis font de même pour lui prouver que l’on se connais bien et finalement nous laisse passé, mais se fut très chaud…