Nos racines de supporters / Why we root (partie 3/3)


Dans cette 3ème et dernière partie, Mike Schwartz, supporter américain du FC Nantes et des Portland Timbers vivant dans l’Oregon, nous fait plonger dans la chaude ambiance de Providence Park ! Cela vous rappellera la Tribune Loire…

L’habitude d’arriver tôt à Providence Park pour être de bonne heure en tribune Nord date de longtemps, avant l’arrivée de Portland en MLS. La « lineculture », comme on l’appelle ici, est une pratique classique pour des milliers de détenteurs de billets Timbers Army, et c’est l’un des meilleurs « réseaux sociaux » d’avant-match. Les gens font la queue plus de 12 heures avant le coup d’envoi. Il est même commun, notamment les veilles de derbies, de voir des gens y camper la nuit, sur le trottoir et sur la place en face du stade, ce qui crée une atmosphère festive avec tentes, nourriture, jeux de cartes, et autres jeux improvisés !

C’est ça Soccer City après tout ! On peut s’attendre de la part de certains fans d’être passionnés au point de consacrer beaucoup de temps et d’efforts à soutenir leur club, et d’être loyaux aux Timbers quels que soient le classement ou la situation du club. Aux Etats-Unis pour du soccer cela peut paraître excessif et cela requiert des circonstances exceptionnelles, notamment beaucoup de temps libre, un patron compréhensif…et un conjoint extraordinairement compréhensif ! Mais là encore, au sein de la TA, ton patron et/ou ton conjoint est susceptible de camper à tes côtés !

La Timbers Army, groupe ultra de Portland

La Timbers Army, groupe ultra de Portland

Cela nous mène à une question cruciale: tout cela est-il nécessaire ? La réponse est : “oui et non”. C’est un style de vie pour ceux qui participent, s’investissent et sont devenus experts en la matière. Les radiateurs à propane, pouvoir manger chaud, et être au top de la technologie en terme de chaise pliante sont des prérogatives essentielles. Mais cela fait-il de vous un meilleur supporter par rapport à ceux qui ne font pas tout ça, qui n’ont même pas un billet Timbers Army, ou qui n’en veulent pas ? Absolument pas.

La trinité, les 3 T : Team, Town, Timbers army.

A Portland, on dit “si tu veux être de la Timbers Army, tu en es.” A Portland, on parle de la trinité de l’équipe, des 3 T : Team (équipe), Town (ville), Timbers Army (le groupe de supporters). Aimer ta ville et ton club, c’est sans exigences ni plan de carrière ou règles, c’est ça l’amour ! Être “RCTID”, ou “Rose City Till I Die” (‘Rose City jusqu’à la mort’) a des centaines de significations. C’est souvent interprété comme étant “mélodramatique”, mais en réalité, c’est une ode à l’Histoire des supporters de football du monde entier depuis la nuit des temps. C’est une connexion entre des générations de fans qui se sont auto-proclamés “United Till I Die” (Man. United jusqu’à la mort), “Villa Till I Die” (Aston Villa jusqu’à la mort), “Arsenal Till I Die” (Arsenal jusqu’à la mort)…

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Tifo de la Timbers Army

« Rose city till i die »

Mais ici à Portland, nous ne sommes pas seulement “Timbers Till I Die”, ça n’existe pas. Nous sommes donc “Rose City Till I Die », cela va au-delà des 90 minutes d’un match de football, d’une semaine ou même d’une saison. Cela concerne les Timbers depuis les années 1970, comme par exemple Mick Hoban puis Clive Charles, deux anglais qui ont fait de Portland leur résidence principale et ont laissé des traces indélébiles sur la culture soccer de la ville et de sa région. C’est aussi le symbole de la trinité « Team, Town, and Timbers Army », de la charité, du bénévolat, et de l’intendance de la ville.

Ce qui rend principalement fantastique la communauté des Timbers, c’est sa simplicité, sans prétention, sans caméras en travelling ni tableau d’affichage pour le score. Sous la bannière de la Timbers Army, les gens plantent des arbres, rénovent des terrains délabrés, remplissent des sacs de nourriture pour la Oregon Food Bank (banque alimentaire locale), et militent pour l’équité sociale. Les gars en vert peuvent gagner, perdre, ou encore connaître la frustration de marquer quatre buts et de ne faire que match nul, mais nous sommes plus fiers que jamais de qui nous sommes et ce que nous faisons.

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La tribune Nord de Providence Park

Regarder Nantes jouer un Samedi matin, avant d’aller voir un match des Timbers, c’est ma journée rêvée 

Je suis à quasiment 7000 km de Nantes, mais ma passion pour le club grandit chaque jour. Internet a énormément aidé à cela, mais il y a aussi plus de football à la télévision américaine qu’auparavant. BeIN Sport passe “Ligue 1 Show” tous les week-ends, et trois ou quatre matches par semaine. Avoir la chance de regarder Nantes jouer un Samedi matin, avant d’aller voir un match des Timbers, c’est ma journée rêvée. J’ai pu initier pas mal de supporters des Timbers au FCN, et avoir un international Américain aussi populaire que Bedoya en jaune-et-vert a facilité les discussions au sujet de mon amour pour ce club français si lointain, dont personne ici n’avait entendu parler. Via Facebook et Twitter, j’ai pu entrer en contact avec de vrais nantais, et j’ai même eu la chance d’échanger des écharpes ! On ne peut pas rêver mieux que de supporter deux clubs aussi parfaits, deux clubs qui adorent leur ville et leur région, et qui prouvent leur passion à travers chacun de leur souffle.

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Allez nantais ! Allez Rose City !

Mike Schwartz – Supporter du FCN à Portland, Oregon, USA.
(Traduit par Nicolas Moulins, membre A.N.S et admin des FCNexpats)

FCNexpats :
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Twitter : @EXPATSFCN
Site Internet : fcnexpats.jimdo.com

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