Gazette Canari : Et merci pour tout


À la fin d’une énième purge, dans une fin de saison insipide sans peur ni rêve… Voilà comment Michel Der Zakarian a officialisé la non-prolongation de son aventure au FCN. Si l’on prenait le verre à moitié vide, ce serait le parfait résumé du mandat du coach. C’était à Marseille, il y a quelques semaines, et depuis, MDZ a reçu l’hommage du public que ses quatre années à la tête du navire méritaient.

Un navire qui, au moment où l’intéressé en reprend la barre, coule péniblement dans les bas fonds du football français et n’intéresse plus grand monde. Nous sommes à l’été 2012, et l’octuple champion de France vient de terminer son exercice à la 9e place de Ligue 2, pépère..

Aujourd’hui, le club peut quasiment se classer dans la première partie de l’élite, après trois maintiens acquis dans une sérénité enviable. Voilà pourquoi on pardonne à l’Arménien ces soirées à la Beaujoire face à Bastia, Toulouse, Reims, Lille et autres réjouissances passées dans le froid et la dépression devant de bons vieux matches indigestes.

Dans l’expression au compte-goutte qui le caractérise, celui que l’on dit proche de Hamid Guenaoui explique de manière limpide cette lourde page qui va se tourner : « Je n’ai plus envie de travailler avec M. Kita ». Jusqu’au bout, ce couple aura été protagoniste d’un feuilleton digne d’un après-midi sur TF1.

Der Zak à coté de Romain, capo de la Brigade Loire, et d'un monsieur qui a l'air très sympathique. (© JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

Der Zak faisant son au revoir au public à coté de Romain, capo de la Brigade Loire, et d’un stadier adepte du photobomb. (© JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

Tenir quatre ans, dont trois dans une Ligue 1 où les licenciements des entraîneurs sont aussi rapides que les foulées d’un Jules Iloki lancé à pleine puissance, cela relève (au moins) de la performance, surtout sous le totalitarisme Kita. Le dernier discours du chef face à une Tribune Loire émue, bien couvert par la sono des sbires de Waldy, sera sans doute la dernière illustration d’un pourrissage qui n’aura jamais cessé.

Notre brun ténébreux n’est pas un stratège, mais il lui arrive de briller : comme ce vendredi soir d’avril face à l’OM, où Der Zakarian terrasse Marcelo Bielsa et ridiculise Marseille, grâce à un 4-4-2 losange efficacité one-shot.

Lui le réservé, à qui il est conseillé d’arracher les mots de la bouche, était devenu l’un des chouchous des travées de la Beauj’, celui dont on crie le nom à la fin de la rencontre. Et pour le moment, crier un autre chose la saison prochaine paraît difficile à concevoir.

Et puis Lucas Deaux, Filip Djordjevic, Jordan Veretout, Rémy Riou, Issa Cissokho, Serge Gakpé, Papy Djilobodji, Yacine Bammou, Georges-Kévin Nkoudou… Combien de joueurs dont les carrières ont pris un nouveau tournant sous M.D.Z. ? Une chose est sûre, depuis Birmingham, Rome, Gand, Brême, Bari, Marseille ou Bergame, certains n’ont pas dû être insensibles à l’annonce du divorce. D’autant que cette fois-ci, il n’est pas dit que le Der Zak’ réapparaisse un jour du coté de la Jonelière. Espérons qu’il n’ait pas encore à devoir revenir faire le ménage…

© Can Art'i / FRJ

© Can Art’i / FRJ

Jérémie Baron (We Are Naoned)

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