« Mes meilleurs souvenirs ? La Ligue des Champions et le match contre Metz qui sauve Nantes de la relégation » Entretien avec Olivier Quint


Si on vous dit : Sedan, FC Nantes, Ligue des champions… à quel joueur pensez-vous ? Si on rajoute que celui-ci n’est pas totalement retiré du milieu nantais. Qu’il officie lors de chaque match à domicile sur l’antenne de France Bleu Loire Océan, en qualité de consultant, vous aurez sûrement deviné de qui il s’agit. Désigné par Guillaume Moullec, Olivier Quint nous conte ses souvenirs de football et du FC Nantes en particulier.

Bonjour Olivier, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Olivier Quint, bientôt 45 ans. 3 enfants : 20 ans, 16 ans et 4 ans. Ancien du FC Nantes de 2001 à 2006. Dans une reconversion « animée » on va dire. Coach à la Chapelle sur Erdre en DSR. Consultant France Bleu Loire Océan depuis 10 ans et commercial pour l’équipementier italien Macron.

Quel était ton rêve de gosse ? Quel métier voulais-tu faire enfant ?

Médecin ! Je voulais sauver des vies (rires). A la base je jouais au rugby, tous mes potes y jouait. Un jour mon père m’a dit « et pourquoi tu n’essayerais pas le foot ? ». J’y jouais à la récré avec les copains à Saint-Quentin. J’ai donc commencé le foot très tard à 13 ans. Mais j’ai bien fait je crois !

Un mot sur ta carrière ?

J’en suis fier parce que je reviens de loin ! A un moment donné j’ai touché le chômage… La galère… Deux dépôts de bilans à Rouen et Epernai… Et c’est Sedan qui m’a relancé en National et avec lequel j’ai connu le haut niveau en Ligue 1, puis la Ligue des Champions avec Nantes. Je suis fier de ne jamais avoir baissé les bras ! Je me suis accroché et j’ai été récompensé. Après j’aurais pu avoir une autre carrière mais je suis content de celle que j’ai eu. Si j’avais connu la Ligue 1 plus tôt j’aurais peut être pu voir autre chose… Mais je n’ai pas de regrets, c’est le destin.

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Est-ce que tu te souviens de ton plus beau but ? Ou ton plus marquant ?

Mon plus marquant c’est contre Barthez à la Beaujoire contre Marseille en 2004-2005. Je fais un doublé ce jour-là. Malheureusement, alors qu’on menait 2-0, on s’est fait rejoindre à 2-2.

Le meilleur co-équipier avec qui tu aies joué ?

En qualités humaines, Luis Satorra à Sedan. On est devenus amis. On avait beaucoup d’affinités sur, et en dehors, du terrain. Et le meilleur, c’était Jérémy Toulalan, qui émergeait. On était tous unanimes à l’époque pour dire qu’il allait faire une grande carrière et ça a été le cas !

Passer d’Old Trafford en Ligue des Champions à Troyes en Ligue 1, est-ce que ça ne t’a pas fait un trop gros choc ?

(Rires) C’est pas choquant à partir du moment où il y a de l’ambiance dans le stade ! C’est différent on va dire. Mais ça fait partie de la vie d’un joueur d’aller dans tous les terrains de France et d’Europe. Et j’ai eu la chance de jouer la Ligue des Champions quand même !

Tu préférais donner des caviars à quel buteur ? Moldovan, Moldovan ou Moldovan ? (Pierre-Yves André et Hassan Ahamada ne sont pas dans cette liste car on a dit buteur !)

(Rires) Je vais prendre Moldovan alors. Si j’ai pas le choix ! Viorel c’était un buteur ! Mais je ne suis pas sûr de l’avoir beaucoup fait marquer. J’ai dû lui mettre deux ou trois galettes mais pas tant que ça ! Je te dirais plus Mionnet ou N’Diefi à Sedan.

Est-ce que tu as une anecdote en rapport avec le foot ?

J’ai eu un fou-rire une fois avec Luis Satorra sur un terrain. Il était gaucher. C’était lors d’un match amical avec Sedan, je ne sais plus où… On n’arrêtait pas de se chambrer sur le terrain. Et un moment donné il a fait une relance pied droit catastrophique. Directement en touche. On s’est regardés tous les deux et on s’est mis à rire. Un vrai fou-rire. Je pleurais sur le terrain et lui aussi. Et ça m’a marqué parce que c’était débile ! Ça m’était déjà arrivé de pleurer sur un terrain, mais pour une connerie comme ça c’est rare ! (rires) J’ai le souvenir aussi d’un supporter de Sedan qui avait vendu sa mobylette pour se payer son abonnement en Ligue 2 !

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Ton meilleur moment au FC Nantes ?

L’épopée en Ligue des Champions. Et la victoire 1-0 contre Metz, le match qui nous sauve de la relégation en Ligue 2. J’étais blessé donc en tribune de presse. Et j’ai été comme un fou quand on a marqué et quand on s’est maintenus. Ça reste un moment marquant parce qu’on avait beaucoup de pression sur les épaules. On s’est dit qu’il ne fallait vraiment pas qu’on fasse descendre ce club-là ! Ça a été un vrai soulagement !

Ton plus grand regret ?

De ne pas avoir vécu à Nantes ce que j’ai vécu à Sedan. Je suis arrivé à un moment où six mois après ils viraient le coach. Et ça a été le début de la fin… Et je ne m’attendais pas à ça forcément…

Et le fait de ne pas avoir connu la Ligue 1 plus tôt. Je m’y suis vite adapté. J’ai démarré en Ligue 1 à 27 ans, ça peut paraitre tard. Si j’avais suivi la voie normale en commençant le foot très tôt, avec centre de formation et sans connaitre les dépôts de bilan, j’aurai pu avoir une autre carrière.

Est-ce que tu as un objet fétiche de ton ancienne gloire chez toi ?

Ah oui ! J’ai une caisse pleine de maillots ! J’ai les maillots de finale de coupe de France, de finale de coupe de la Ligue, de Ligue des Champions, les maillots des adversaires, les maillots de Nantes, de Sedan… J’ai tout gardé ! C’est des souvenirs donc… Je les ai encadrés dans mon bureau pour certains. J’ai gardé les plus marquant.

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Est-ce que ça ne te manque pas trop de ne plus taper la baballe ?

On joue encore le vendredi soir avec les ex-canaris pour s’amuser. Après, il y a eu un vide à l’arrêt de ma carrière. Même si je l’avais préparée. Ça faisait 20 ans… Ton corps est habitué. Tu te lèves le matin pour un but bien précis. Quand tu t’entraines tous les jours et que d’un seul coup il n’y a plus rien, il y a un vide… Après on s’habitue, on n’a pas le choix. On vieillit… Pour certains ça prend du temps, pour d’autres moins. Mais j’ai toujours envie donc dès que je peux faire un match loisir, vétéran, avec les ex… Je le fais. Parce que j’en ai besoin aussi ! Mais je fais toujours du sport comme du tennis et du footing.

A l’époque tu avais les cheveux longs, c’était la mode ? Tu écoutais de la musique ?

J’ai toujours eu envie d’avoir les cheveux longs ! C’était davantage la mode que maintenant… Et c’était un pari perdu ! En fait, j’avais parié avec un pote. Pari perdu donc obligation de se raser la tête. Je l’ai fait et je me suis dit après… Je laisse pousser ! Les cheveux longs m’allaient plutôt bien. Mais en arrivant à Nantes et en vieillissant, il a fallu les couper quand même.

Question « vieux con » : le foot c’était vraiment mieux avant ?

(Rires) Ça a changé ! Mais il n’y a pas que le foot qui a changé ! La société a changé. La vie de tous les jours a changé. On ne peut pas dire que c’était mieux avant, c’était différent ! Aujourd’hui il y a tellement de droits télés qui entrent en jeu, d’argent… Que ça change forcément la donne. Mais j’aimerais bien jouer à l’époque actuelle ! Au-delà de l’aspect financier, c’est surtout le niveau de la Ligue des Champions, du PSG, de Monaco, de Lyon cette année. Je pense que ces équipes-là sont meilleures qu’avant. Par contre c’est plus faible en bas de classement. Mais j’aimerais bien jouer maintenant oui !

Est-ce que tu as un retour sur la manière dont sont formés les jeunes footballeurs aujourd’hui par rapport à l’époque ?

C’est l’éducation qui a changé aussi. Nous quand on était jeunes, on attendait que les anciens soient assis dans le vestiaire pour trouver une place. On portait les ballons. On portait les chasubles. On portait les buts. C’est plus le cas du tout maintenant ! Nous on avait une certaine éducation, un respect des anciens… qu’il y a de moins en moins. Je ne veux pas passer pour le « vieux con » mais c’est comme ça. Je suis coach, je vois comment sont les jeunes maintenant. En tant qu’éducateurs on fait beaucoup de social. Je me suis occupé des jeunes avant donc je sais de quoi je parles. C’est une « deuxième éducation ». On essaie de leur faire comprendre comment être avec les anciens… Il y a un respect à avoir que tous les jeunes n’ont pas. Mais niveau pro c’est pareil. Ça a changé malheureusement. Mais pas que dans le foot ! Dans la vie de tous les jours.

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Dans quelle équipe aurais-tu aimé jouer ?

A Saint-Étienne ! Et ça c’est depuis tout petit. J’avais eu le maillot vert « Manufrance » avec le short et les chaussettes. C’était mon club préféré quand j’étais gamin. Après ça évolue parce que j’ai bien aimé Paris et d’autres clubs en Europe… Mais c’était vraiment mon club de cœur quand j’étais gamin.

Est-ce qu’il y a une équipe que tu aimes bien regarder jouer en ce moment ?

Le Barça ! Bayern aussi. Et dans un autre style, l’Atletico Madrid. C’est différent mais il y a une telle rigueur tactique et défensive qu’ils sont impressionnants à voir jouer !

Ton dernier match à la Beaujoire comme spectateur ?

Comme spectateur, Nantes-Angers en coupe de la Ligue (dernier match en date) et le match de charité de France 98, il y a 6 ans. Sinon je vois tous les autres matchs en tant que commentateur en tribune de presse.

Waldemar Kita t’appelle pour aider le FC Nantes. Tu y vas en courant, tu te mets à pleurer ou tu changes de numéro ?

Il m’appellera pas !

Quel ancien joueur ou entraineur nantais aimerais-tu voir interviewé par nos soins ?

Pierre-Yves André ! Ça va être compliqué, faut que t’ailles à Bastia ! (rires) Alors Nico Gillet !

Merci beaucoup Olivier !

Entretien réalisé par Bertrand Chauty le jeudi 3 novembre 2016 au pub O’Bock

Olivier Quint - Activ Nantes Supports

Twitter : @FCN_ACTIV

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