Bilan recrues : Un constat mitigé pour le premier round


Alors que l’année 2017 se termine, marquée notamment par de nombreux rebondissements au FC Nantes (arrivée puis départ de Conceicao, arrivée de Ranieri…) mais aussi par un mercato estival riche (8 arrivées, si on ne compte pas Menig et Ranieri), nous pouvons tirer un premier bilan des recrues suivantes : Coulibaly, El Ghanassy, Awaziem, Pallois, Tatarusanu, Girotto, Krhin, Kayembe. Veuillez noter que c’est avec un maximum d’objectivité que ce papier est élaboré.

 

Commençons tout d’abord par les arrivées qui ont été de belles surprises.

En tête d’affiche, Tatarusanu. Ce dernier paraît vraiment être le bon coup du mercato estival nantais. Celui qui comptabilise 8 clean sheets en 18 matchs de championnat cette saison, est l’une des révélations à son poste en Ligue 1. Pourtant pas méconnu du grand public et des amateurs de foot avec son passage à la Fiorentina ou encore ses matchs avec la Roumanie, titulaire face à la France, il surprend encore et toujours. Auteur de grosses prestations pour ses débuts (notamment face à Marseille pour son premier match avec des arrêts incroyables), il a eu une petite baisse de régime, mais également moins de travail pendant un temps, accentué par son erreur de main face au PSG (défaite 4-1), avant de se montrer de nouveau décisif avant la trêve hivernale. Il reste précieux, et surtout, est un élément incontournable du onze de Ranieri.

Ciprian Tatarusanu  / AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD

Du côté des belles surprises, c’est en défense que nous continuons. En effet, Awaziem et Pallois se sont montrés décisifs. Le premier, arrivé cet été en monnaie d’échange de Conceicao -tout comme son coéquipier, Kayembe- s’est montré à son avantage malgré des débuts sur le banc et parfois compliqués. Rapide, précis dans ses interventions et ses relances, malgré un manque d’attention occasionnel, le jeune Nigérian -qui participera sûrement à la Coupe du Monde cet été- n’a pas déçu lorsque il s’agissait de combler la blessure de Nicolas Pallois, si ce n’est par la forme de son transfert : un prêt avec une option d’achat qui, selon les dernières nouvelles, s’élève au-dessus des 10 millions d’euros. Autant dire qu’il va être difficile de le garder, justifiant peut-être son faible temps de jeu ces derniers temps aux côtés de l’irremplaçable Diego Carlos.

Chidozie Awaziem

Pour Pallois, les qualités sont différentes de son coéquipier. Une similitude : des débuts compliqués également. Rapidement titulaire après son arrivée, ses erreurs vont coûter plus d’un but, avant qu’il fournisse de belles copies propres. Pourtant, cela ne fait pas de lui le plus aimé des supporters : il arrive tout droit de Bordeaux, a un style bien à lui, une vitesse digne de Madouni, des relances telles des chandelles… Mais ses interventions, son expérience, et surtout son jeu dans les airs ont bel et bien été précieux pendant cette première partie de saison. Malgré tout, ses erreurs se payent parfois cash et cette rigueur défensive sera sans aucun doute à travailler pour l’ex-bordelais

Nicolas Pallois

Ces derniers sont probablement les trois joueurs qui ressortent le plus du lot, et il n’est pas anodin que Nantes ne prenne que peu de buts, fort de ces trois bons joueurs défensifs, dont deux se disputent par ailleurs, la place au côté du grand, que dis-je, de l’immense Diego Carlos.

D’autres sont difficiles à placer dans les bonnes ou les moins bonnes recrues, rendant ce bilan très mitigé.

Coulibaly, qui a joué très peu de matchs avec une première titularisation compliquée, ainsi que des entrées en jeu plus ou moins intéressantes, est le joueur le plus difficile à juger pour le moment. En effet, pour cause de blessure, le Malien est éloigné des terrains depuis plusieurs semaines. Il semble avoir des qualités indéniables, qui lui ont valu de belles louanges venant de Belgique après ses prestations en Ligue des Champions, mais celui qui a été recruté 4,5 millions d’euros devra vite se remettre sur pied s’il ne veut pas être classé dans la catégorie des déceptions de l’année.

Kalifa Coulibaly – Photo Arnaud Duret

A ses côtés, René Krhin semble le mieux approprié à placer dans la catégorie « manque de temps de jeu ». Auteur de 6 petits matchs, principalement incomplets, il a été intéressant par ses décalages et ses anticipations, mais il n’a pour autant pas encore ébloui le public nantais. Reconnu pour son hygiène de vie très douteuse en Espagne, là n’en n’est pas la raison : sa blessure et la montée en puissance d’Abdoulaye Touré sont en grande partie responsables de son faible temps de jeu.Prêté avec option d’achat, il lui faudra faire bien plus pour que cette dernière soit levée.

Rene Krhin – Photo Arnaud Duret

Enfin, blessé pendant les matchs amicaux, Kayembe n’a aucune apparition dans le groupe pro et se soigne encore… Il sera de retour début d’année prochaine normalement.

Il est difficile de parler de « déceptions » pour les deux joueurs qui vont suivre. En effet, Girotto et El Ghanassy ont eu leur chance, mais ils n’ont pas encore totalement convaincu.

Pour le Brésilien, c’est mitigé. Plusieurs fois titulaire, il a montré qu’il avait une frappe digne d’un Roberto Carlos, mais également un jeu trop rugueux qui l’a fait sortir de son match plus d’une fois, ou encore un retard impardonnable sur certaines actions. Néanmoins, il s’est aussi montré précieux quand il le fallait, et son envie sur certaines de ses entrées lui évite d’être classé dans la catégorie « mauvaise recrue ». On peut lui accorder le bénéfice du doute non ? Après tout, c’est sa première saison au haut niveau, après avoir joué au Brésil.

Pour le Belge, c’est autre chose. Techniquement au-dessus de ses compagnons, ce sont ses difficultés à s’adapter au collectif et au repli défensif qui justifient son passage derrière Jules Iloki dans la hiérarchie des ailiers. Pourtant, il a eu sa chance à plusieurs reprises. Ranieri croit en lui, mais même si ses prestations ont souvent été intéressantes, il manque quelque chose qui fait la différence. Incapable de tenir 90 minutes, son endurance laisse à désirer. Il est capable de faire lever la Beaujoire de joie par ses dribbles, mais également de colère par ses courses coordonnées à une tête qui ne se lève que trop rarement vers ses coéquipiers. C’est dommage, les qualités sont là, mais le déficit aussi. On espère sincèrement qu’il réglera ces aspects-là, sinon, il réchauffera certainement le banc jusqu’à la fin de la saison…

Yassine El Ghanassy et Andreï Girotto – Photo Arnaud Duret

 

Vous l’aurez compris, on devra attendre pour avoir un bilan 100% positif dans ce mercato nantais. Nous avons de belles surprises, mais aussi des joueurs blessés qui sont le point noir de ces recrues estivales, et d’autres qui ont du mal à se mettre réellement au niveau ou à surpasser des cadres déjà bien en place. Le constat sera-t-il le même au milieu de l’année 2018 ? Aurons-nous plus de joueurs dans la catégorie « bonnes recrues » ? Pour cela, il faudra mettre les pépins physiques de côté, et se distinguer au moment où on aura besoin d’eux…

(PS : Ngom a été recruté cet été, mais à l’origine c’était pour la réserve. Donc, à juste titre, il ne fait pas l’objet d’un bilan ici, notamment par le fait de sa récente révélation)

Photo Arnaud Duret

Maxime Thomas

Twitter : @mthomas44230

Photos : Arnaud Duret

Twitter : @FCN_ACTIV

Share Button

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *